Des ohhhh! Et des beurk!

De Golden à jasper (1er aoÛt 2019)

Quitter Golden n’a pas été bien difficile, surtout qu’on s’était fixé Jasper comme destination, ce qui n’est pas un mince trajet ni un mince paysage : le sentier des glaciers, le magnifique glacier Athabasca et une route de première qualité à tout point de vue.

En chemin, nous nous sommes arrêtés à Field, un point à peine visible sur la carte près duquel nous avons passé au moins une trentaine de fois dans nos vies… sans jamais jamais arrêter. On s’était donné comme objectif de faire les touristes, right? C’est ce que nous avons fait et on s’en félicite encore.

Field est une petite communauté de quelques centaines d’habitants tout au plus, qui a été créée en 1883 par le Canadien Pacifique comme camp de travail pour l’extension de ses chemins de fer. Tout ici vibre au son des rails et des locomotives… et ça vibre fort parce que les rails, ils courrent partout et les trains, ils passent s o u v e n t !! Cette communauté micropuscule est connue notamment pour le site fossilifère de Burgess, particulièrement important dans la compréhension de l’explosion cambrienne. Nous aurions bien voulu aller explorer le site en question, situé à flanc de montagne, mais on a eu comme une petite gêne : c’est pas nous les gros marcheurs et les montagnes, on les aime comme paysage.

Nous avons pris moult photos, Poutine a tenté de taquiner la truite dans un étang et nous sommes repartis.

Les montagnes, certains disent que t’en a vue une et que les autres sont toutes pareilles, que ça empêche de voir l’horizon (ça ça vient des amis de Pé qui vivent dans les Prairies…), que ça prend d’la place. On a tous droit à nos points de vue, mais nous, les montagnes on les aime. Il y en a de tous les âges, de toutes les couleurs. Certaines sont vieilles comme les Laurentides ou les Apalaches, d’autres sont adultes comme la chaîne Côtière dans le sud de la Colombie-Britannique, d’autres sont des bébés de quelques millions d’années tout au plus, comme celles qui poussent pratiquement encore en Alaska. Elles sont parfois rousses, grises, brunes, blondes, recouvertes de forêts ou portant des écharpes de neige. À l’occasion, elles se coiffent d’un lourd chapeau de glace qui les enveloppe et qui fond au rythme de la terre.

La route qui va du Lac Louise à Jasper longe une crête de montagnes passablement jeunes. Mais enfin, vas-tu nous dire comment on reconnaît l’âge des montagnes? À leur profil. Plus elles sont vieilles, plus elles sont écrasées. En contrepartie, plus elles sont jeunes, plus elles sont pointues, fines, presque coupantes. Quand elle son jeunette, on a l’impression que si on les bouge un peu, les roches du sommet vont tomber.

La route file a plus de 2000 mètres d’altitude, se faufilant entre des cimes toutes aussi majestueuses les unes que les autres, soulevant à chaque tournant des cris de découverte, des « as-tu vu?! » des « ohhhhh que c’est beau! » et des « mais ça a pas de bon sang comme c’est extraordinaire! ». Dé vrais bébés qui ne sont jamais sortis.

Vous imaginez quand on a enfin aperçu le glacier Athabasca ! Un des six principaux glaciers du champ de glace Columbia, ce glacier de six kilomètres fond à une vitesse de 5 mètres par année. En 150 ans, il a reculé d’un kilomètre et demi. Nous avons gravi la falaise de son propre gravier qui le sépare maintenant de l’endroit où Pé l’avait rencontré pour la première fois, il y a 35 ans, à peu près là où nous avions stationné le Mott, si vous pouvez l’apercevoir, en bas de la vallée. Réchauffement? Quel réchauffement?!

La faune qu’on annonce a tous les kilomètres pratiquement avec des « attention à ci » et « attention à ça », était aussi absente que les boules de noël dans les sapins le long de la route. Des tonnes de siffleux, pis c’est à peu près toutt. Sauf que, sur 1000 kilomètres de wilderness, il fallait bien voir quelque chose éventuellement.

Et comment repérer un des représentants de cette faune sauvage lorsqu’on file sur une route à 110 kilomètres heures? On check les amas de touristes… c’est tellement drôle que c’est presque aussi distrayant que… le beau grizzly qui avait eu la bonne idée de venir déjeuner près de la route. Timide tout de même.

Puis ce fut au tour d’une maman ourse qui voulait montrer ses deux rejetons à la foule en délire. Il y avait au moins une trentaine de véhicules empilés les uns sur les autres sur l’accotement pour assister à ce bien humble spectacle. C’est tout dire sur la qualité de la mise en marché orchestrée par Parcs Canada avec ses écriteaux routiers. Les voyageurs sont programmés et affamés de faune. Ils arrêteraient pour n’importe quoi! On a trouvé ça bien drôle.

Mais on ne vous a pas encore parlé du Lac Louise, vilain que nous sommes.

Voici ce qu’en dit à peu près le Wiki de l’endroit : En 1884, le lac prit le nom de lac Louise, en référence à la princesse Louise, duchesse d’Argyll (1848-1939), quatrième fille de la reine Victoria et l’épouse du gouverneur général, le marquis de Lorne. Le peuple originaire de la région, les Assiniboines, continue cependant de l’appeler le « lac des petits poissons ».

Situé à 67 km de la ville de Banff, et à 190 km de Calgary, la couleur de ses eaux turquoise provient des farines de roche générées par le meulage mécanique du substrat rocheux par des glaciers alentour ( on appelle cette farine dépôt morainique). Sa température ne dépasse jamais quelques degrés au-dessus du point de congélation. Long de 2,4 km et large de 1,2 km, il se déverse dans la rivière Bow… et à partir de là, jusque dans la Baie d’Hudson.

Nous, on ajouterait qu’on a marché 5 kilomètres à partir du stationnement qu’on nous avait imposé, pour aller voir le lac et son château… et ça valait la peine en titi. Pour les marcheurs que nous ne sommes pas, il fallait vouloir pas à peu près!

Jasper? Beurk!
On en parle demain. Poutine arrête pas de miauler pour qu’on ferme la lumière et qu’on aille dormir.

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