Sur la route du retour (30 juillet 2019)
« Alors chu r’parti, sur Québec Air, Transworld, Nord-East, Eastern, Western, puis Pan-American, mais ché pu où chu renduuuuu… » Marci Robert pour l’introduction. On se concentre maintenant.
Il a donc fallu reprendre la route. Bien sûr, Vancouver n’est pas reposante, mais la quitter provoque quand même un petit pincement. Pas tant quitter la ville que tous ceux et celles que nous aimons dans cette ville. C’est ça qui est difficile. On s’est donc tenu par la main et on a pris une grande respiration en nous disant que nous allions retrouver ceux que nous aimons sur la côte Est. C’est trop grand le Canada.

Une de nos premières résolutions en repartant a été de prendre notre temps, de rentrer par le chemin des calèches et surtout, de sentir toutes les paquerettes le long du chemin.
C’est avec cette détermination que nous sommes arrivés à Merritt, un endroit mille fois visité dans le passé, pour faire le plein entre Vancouver et Banff, pour casser la croûte au restaurant le plus connu de ce tronçon de la transcanadienne, Home près de la « deuxième sortie » de Merritt… mais jamais pour aller plus loin.
Cette fois, nous avons décidé d’arrêter et d’entrer dans le «centre-ville ».
Merritt est située dans le centre sud de la Colombie-Britannique, une région totalement désertique où les serpents à sornettes sont plus nombreux que les habitants et où la végétation se limite à des cactus et des arbrisseaux plus secs les uns que les autres.
La terre est aride et doit être constamment irriguée pour produire.
On y trouve tout de même sept mille habitants (et au moins autant de crotales), qui vivent de l’élevage, de la foresterie et du tourisme. Et que peuvent-ils bien avoir pour attirer ce tourisme dans ce coin un peu perdu, je vous le donne en mille? Le 18 mars 2008, la société Walk of Stars a annoncé que le Temple de la renommée de la musique country canadienne serait relocalisé de Calgary à Merritt! La population toute entière a emboîté le pas et depuis cette date, vit au rythme du western. Il faut bien dire que le changement n’a pas été difficile compte tenu que tout le canton était déjà pas mal western!
Déjà très « ville de l’ouest » avec une architecture datant de la fin du XIXe siècle (la ville a été fondée en 1893) Merritt a mis l’emphase sur ses façades westerns, a érigé des effigies à l’image de chanteurs et vedettes country, et a transformé son mobilier urbain pour épouser les saveurs westerns traditionnelles.
Ça lui donne un certain charme, surtout que cette région désertique reçoit régulièrement la palme de la zone la plus chaude du Canada en été. Il faisait près de 40 lors de notre passage. On avait l’impression d’entendre la musique de Sergio Leone en arrière-plan et de voir la sueur dégoûter des lampadaires.

Même Poutine avait chaud.
En plein milieu du downtown, on a trouvé un délicieux petit restaurant tenu par des membres de la bande Nicola, une des nations autochtones les plus importantes de la région… et on a goûté à des saveurs totalement locales : une banique fourrée de saumon fumé et un smootie aux baies Saskatoon. Un véritable délice. On a aussi commandé un chili qui n’avait jamais vu une boite de conserve de sa vie tellement il était bon et onctueux. Et on a pris une couple de baniques additionnelles pour la route, vous comprendrez bien.
On s’est trouvé un bizarre de terrain de camping provincial en plein bois sauvage et sans aucun service et on a dégusté des côtelettes de porc fumées qu’on avait achetées dans une très jolie petite boucherie de Merritt, et on a fermé la shoppe.
Prochain arrêt important : Revelstoke.
Il faut dire qu’on a flané tout le long du chemin, en arrêtant ici et là, notamment au site historique où on a enfoncé le dernier crampon pour retenir les rails du chemin de fer transcanadien, à Craigellachie, en Colombie-Britannique. Fallait le construire, ce ruban d’acier qui allait symboliser l’infinité canadienne a mari usque ad mare, en 1885, hé.
Revelstoke, donc.
( à suivre demain…) La route a été longue et Poutine s’endort, croyez-le ou non!

Bonne nuit!

















J’ai vos commentaires sur Vancouver. Je ne crois pas que c’est un endroit pour un vieux paysan comme moi.
Je peux comprendre qu’avec un 25 pieds à stationner que ça crée du stresse
Votre texte sur Merriit me fait penser à cet équilibre entre les besoins économiques que peut combler le tourisme et l’emmerdemement que ça cause.
Toujours passionnant de vous lire
Merci
Euclide
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