À vents couverts nous sommes venus. En coup de vent nous sommes repartis !

Vancouver (24 au 29 juillet 2019)

Nous voici donc enfin à notre destination, celle qu’on rêvait d’atteindre depuis 5 mois : Vancouver ! Vancouver la Belle ! Vancouver la rutilante ! Vancouver, entre ciel et mer, comme on dit ici.

Bof!

En fait, sous tous ses froufrous, Vancouver est une fille pas mal capricieuse, boudeuse et surtout bien impolie. Quand on vit avec, j’imagine qu’on ne s’en rend pas trop compte et que dans le fond, on prend peut-être ses plis. Mais cherchez sa sympathie et un peu de soutien dans ses rues trop étroites et sa circulaton trop dense, avec un motorisé de 25 pieds de long et de 10 pieds de large, elle s’émoustille et montre son mauvais caractère.

Bien entendu que les Porsche, les Masserati et les Mercedes ne céderont pas un pouce de leur asphalte, mais tous les autres, dans leurs BMW, leurs Tesla, leurs Audi, pourraient être un peu aimables non?

Voir que nous sommes des touristes un peu niais de s’être aventurés dans un tel bourbier et qu’on ne demanderait pas mieux que d’en sortir, ou de se stationner quelque part où on ne dérangera personne… Mais non! Niet! Spoulch! Bblllllll! Si tu te tasses pas, on va te tasser. Stationne-toi et on va te coller au pare-choc arrière et au pare-choc avant pour que tu puisses pus jamais sortir de là. Tente d’entrer dans un stationnement public, et tous ces véhicules vont se coller sur toi comme des globules pour te désintégrer et t’extirper.

Vous aurez compris qu’on n’a pas nécessairement aimé notre expérience.

Tout de même, un p’tit bémol.

Vancouver demeure une des plus belles villes du monde et certainement, une des – sinon LA plus belle ville canadienne. Les gens des villes sont ce qu’ils sont, surtout des villes riches comme celles de Vancouver, de Chicago ou de Seattle. L’argent amène l’adoration de l’argent et nulle part ailleurs au Canada davantage qu’à Vancouver. Toronto porte une odeur semblable, mais pas autant. Montréal voudrait bien connaître ce déodorant, mais sa p’tite odeur de rue l’emporte sur les autres. On a droit à ses points de vue, right? Tout ça pour dire que l’argent et les gros chars affectent certainement le comportement de ceux et celles qui les possèdent, comme un virus. Ils sont pas méchants, seulement indifférents aux préoccupations de la moyenne des autruches et baudruches qui déambulent dans leur environnement.

Alors oui, c’est beau. Nous, comme touristes, on a eu l’audace de lui lancer un défi et disons que nous n’avons pas gagné, alors là pas du tout.

Nous avons eu cependant le plaisir de voir nos vieux amis et nos enfants et pour ça, on aurait affronté et surmonté deux ou trois Vancouver empilées les unes par dessus les autres. C’est pour dire. On a aussi droit à nos priorités, hé.

Le généreux Philippe… Mon beau Bou pour les intimes

Notre petite dernière Roxanne… l’artiste de la famille

Cindy-Amélie, l’élégante, et notre gendre Cameron, un passionné de voitures

Maxime, réfléchi et discipliné, avec sa belle Daisy

Christian, notre ami Breton, pauvre p’tit!

Notre ami Andrew, scientifique et Polonais malgré lui

Et Anne et André, que vous avez tous rencontrés récemment

On n’a pas vraiment profité de la bouffe non plus, trop occupés que nous étions à nous chamailler avec le traffic. Les restaurants que nous avons visités valaient cependant le détour, pas nécessairement par l’originalité de leurs menus que par les souvenirs qu’ils ramenaient à nos papilles gustatives.

Le Lotus, un restaurant vietnamien de Richmond, dont les serveuses nous ont reconnus après cinq ans d’absence… témoignage de la fidélité de notre clientèle de l’époque.

Nous avons repris le même phô avec tendons et tripes servis sur des nouilles dans un bouillon brûlant et épicé. C’est vrai que ce n’est pas pour tout le monde, mais c’est un régal impossible à reproduire ailleurs.

Puis nous nous sommes payés un p’tit poulet portugais Nando, pas tellement original non plus parce que c’est une chaîne connue, mais y’en a pas par chez nous et on en avait vraiment envie. Slurp!

La Vancouver moderne, c’est aussi l’Asie de l’Est, le port d’accueil de millions de ressortissants asiatiques, chinois pour la plupart (Chinois de Hong Kong, pour être plus exact), qui sont venus sur la côte Ouest canadienne comme investisseurs, qui ont acheté et qui se sont installés. Il faut dire qu’une grande génération était déjà sur place, venue de la création même de Vancouver et de la construction des chemins de fer, de la construction de Vancouver… en même temps que de nombreux Canadiens-Français d’ailleurs.

Il y a des côtés bien discutables à cette nouvelle immigration, mais il y a aussi un côté formidable : l’arrivée d’une des meilleures cuisines asiatiques au pays (avec Toronto). Les restaurants chinois ne manquent certainement pas, mais les meilleurs sont bien cachés dans des secteurs souvent insolites de la ville et généralement ne paient pas de mine pour les caucasiens que nous sommes. Surtout que nous étions avec notre fille Roxanne qui a le nez particulièrement délicat pour ce genre de nourriture et d’endroit. Quelques raisons de plus pour nous amuser.

Nous en avons donc profité, d’abord jeudi avec le phô et ensuite lundi dans le quartier chinois de Vancouver, où notre ami Philippe nous a amené pour un lunch bien garni : un congee (une « soupe » de riz surbouilli qui ressemble un peu à un porridge) aux œufs de cent ans (un processus de maturation chimique des œufs qui leur donne une couleur verdatre et un goût totalement unique) et au bœuf effiloché; des dumplings aux crevettes et des pot-stickers au porc; un canard laqué; des Gai Lan à la sauce aux huitres (un légume vert qui s’apparente aux épinards); des nouilles au bœuf et des pattes de poulets à la sauce bbq. Hihihi! On rigole en imaginant votre moue. Que c’était bon! Nous aurions passé l’après-midi à commander de nouveaux plats et à manger tout ça, rien que pour le plaisir.

Vancouver est aussi, comme bien d’autres grandes villes du genre, une ville de paradoxes économiques. Les Mercedes 65 AMG côtoient les carosses de Safeway poussés par des sans abris à la recherche de bouteilles vides. Contrairement à nos attentes, ça n’a pas été difficile de trouver un endroit pour garer le Mott pour la nuit : il a suffit de repérer un des nombreux « campements » urbains de vieux motorisés, stationnés ici et là le long des rues de plusieurs quartiers, en plein cœur de la ville, et de s’installer en suspendant nos convictions sociales et notre sens de la sécurité. Au lever du soleil, on pouvait voir des gens qui sortaient avec leur sac à dos pour marcher au travail, ou partir vaquer à leurs activités de survie. Nos amis nous disent que ce nouveau phénomène de nomadisme urbain est une conséquence directe des coûts exhorbitants de l’habitation dans cette ville d’excès dont les citoyens n’ont plus les moyens de se loger convenablement. On préfère acquérir à prix d’aubaine un vieux motorisé qu’on stationnera quelque part et qui deviendra le nouveau pied à terre. C’est encore mieux que la rue et certainement moins cher qu’un appartement.

Vous en doutez? Les statistiques immobilières de février 2019 établissent le prix moyen des habitations en copropriété à Vancouver à 1 019 600$, alors que celui des maisons détachées est de 1 453 400$. Pour louer un appartement d’une chambre à coucher le moindrement décent, vous devrez payer aux environs 1 800$ par mois dans la région métropolitaine de Vancouver, 2 250$ au centre-ville. Et si vous voulez un appartement avec vue sur la baie, commencez à penser aux environs de 2 500$ ou 3 000$.

La Ville semble comprendre tout de même en laissant encore une signalisation permissive, ici et là dans des quartiers où la densité d’habitation le permet, et en fermant les yeux en attendant que les plaintes des croquants (comme dirait Brassens) les forcent à légiférer.

Pour nous, ces villages improvisés de gitans ont eu un effet positif, même si Poutine trouvait qu’on était pas mal téméraires.

2 Replies to “À vents couverts nous sommes venus. En coup de vent nous sommes repartis !”

  1. Avons parcouru avec intérêt et curiosité votre dernière production de photos et de textes. Vraiment inclus reconnaît…tout y est…et Vancouver n’est plus tout à fait la même. On reconnaît dans nos souvenirs…mais vous nous mettez à jour dans son évolution

    Belle écriture, belles photos,
    Merci de partager,,,,c’esr Généreux

    Bonne continuité…vers le retour

    Annette et Lorio

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  2. Heureux de d’avoir retrouvé votre monde, la bouffe de vos souvenirs et vos êtres chers, vos amis….j’imagine que vous avez un peu hâte de revoir votre home de Beresford, malgré un voyage sûrement extraordinaire….Bonne route et bon retour….

    Aimé par 1 personne

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