Visite à l’île boWEN (26-27 juillet 2019)
— « Bonjour André ! »
— « Anne est sortie nourrir les poules, on a le temps de prendre un p’tit café. Tenez, prenez un peu de mes confitures de citron. Ah, ces chèvres! Vous devriez voir les dégâts qu’elles font! »

L’île Bowen est un anachronisme dans la région de Vancouver. Située à environ 3 kilomètres au large de Horseshoe Bay sur le versant nord de Vancouver, cette île de 6 kilomètres de large et de 12 kilomètres de long est suspendue dans le temps avec ses 3500 habitants en hiver et 6000 en été, des gens qui vont de la simplicité la plus modeste à la richesse totalement nauséabonde.
Le seul contact avec le territoire continental est par traversier dont les fréquences et les tarifs sont la source d’un constant débat entre ceux qui préféreraient – quant à faire – qu’on construise un pont et les autres qui refusent farouchement que les maigres ressources de l’île disparaissent sous le poids d’une démographie débridée.

Nos amis Anne et André vivent dans l’île depuis 40 ans, sur une demie douzaine d’acres acquises à l’époque où le territoire commençait à se développer. Français d’origine, notre couple d’amis est tout de même un des plus sympathiques qui soit. On ne peut pas avoir toutes les qualités ;o).

La terre qui avait été défrichée a vite été remodelée entre les mains de ce paysagiste aussi érudit que chevronné. D’une coupe à blanc laide et nue, elle est devenue un véritable Éden avec ses essences d’arbres éclectiques, ses étangs, ses petits sentiers et sa maison, construite à la main avec les moyens et les ressources du bord.

Bambou de Chine 
Arbousier (source web) 
Hortensia arbustif (source web) 
Hydrangée grimpant 
Glycine (source web)
Bowen, c’est aussi le microcosme de la métropole voisine avec ses conflits intra-muraux entre les riches et les citoyens à l’esprit plus écolo, ceux qui sont là depuis longtemps, qui sont venus par amour du lieu, avant que la pression immobilière pousse les nouveaux riches à trouver de nouvelles terres d’investissement. Nos amis font partie du deuxième groupe, plus proche de nos valeurs naturellement (malgré la présence incongrue de notre gros Mott enviroglouton sur le petit sentier menant à leur maison).

Leur quotidien est parsemé d’histoires d’horreur, celles de nouveaux arrivants qui construisent de palaces énergivores de milliers de pieds carrés avec des piscines qu’ils devront obligatoirement remplir en puisant dans une nappe phréatique maigrichonne dont le reste de la collectivité ne pourra profiter… à moins d’aller frapper à leur porte pour remplir leur seau dans leur piscine. On rigole déjà en pensant aux invectives qu’ils recevront!

Source : Sites web immobiliers 
Source : Site web immobiliers 
Source : Sites web immobiliers
Et il y a aussi la faune de Bowen qui, à une époque pas encore très lointaine, était contrôlée par une chasse limitée menée par les insulaires. Il n’y a pas vraiment de grands prédateurs dans l’île. On ne pense pas à ces choses-là, mais dans une région où la végétation, la culture maraîchère et la sylviculture jouent un rôle économique important, faut penser aux chevreuils ! Mais comment chasser les chevreuils quand les maisons poussent partout, que les terrains se clôturent et que les gens érigent des Do Not Trespass à tous les coins de rue ? Ben c’est simple : les plus nantis font interdire la chasse dans tout le territoire. Les chevreuils ne peuvent pas traverser leurs zones clôturées, d’une façon ou d’une autre. Han ? Mais ceux qui n’ont pas de clôture ou qui ne peuvent pas en ériger une pour des raisons diverses, que font-ils ? Ben ils se font bouffer leurs carottes, comme dit notre ami. Au point où ce ne sont plus des chevreuils : ce sont désormais des chèvres ! Grandes et voraces !

Les « chèvres » de M. Chollat 
Des chèvres rencontrées dans une fromagerie que nous avons visitée dans la vallée du Fraser 
Ravage fait par un jeune mâle l’automne dernier
Qu’à cela ne tienne. Bien protégés et des chèvres et des regards des croquants, nous avons improvisé un délicieux repas en compagnie de notre ami Christian qui avait fait le voyage à partir du Mainland pour être avec nous : des steaks d’agneau marinés aux fines herbes, saisis aux bbq; des pâtés, un aux champignons et l’autre à l’orange; des saucisses de canard, grillées au bbq; une salade verte aux tomates et une baguette, française comme il se doit. Il nous restait aussi de délicieux feuilletés au fromage qu’Anne avait concoctés la veille et que nous avions entamés au lunch. Aie-je parlé du clafoutis qu’Anne avait confectionné pour l’occasion… avec de la crème fouettée. Hon, un péché! On a arrosé tout ça d’un délicieux rosé pétillant (Villa Theresa, d’Italie) et d’un bon rouge de la vallée de l’Okanagan (Diabolica). Ça c’est de l’amitié!
Burp! S’cusez nous.
En passant, on vous a parlé des poules d’André? Il nous dit qu’elles sont carnivores ! En tout cas, il leur donne de la viande et paraît qu’elles en raffolent ! Tout citadin que nous sommes, on n’avait jamais entendu parler de ça… et ça nous a rappelé une ferme d’élevage de poules devant laquelle nous avons passé lors de notre visite de la région agricole du Bas Fraser. Des centaines de poules en liberté qui caquetaient en mangeant tout ce qui leur tombait sous le bec. On s’est dit en rigolant et en sachant maintenant que les poules peuvent être carnivores, qu’il ne ferait pas bien bon de tomber dans leur enclos… Le colonel Sanders à l’envers! Hihihi.
Bon soyons serieux!
On avait installé le Mott sur une butte en haut du chemin et Poutine nous attendait comme une grande. On a passé la nuit là, dans la paix bruyante d’une grande averse estivale que Poutine n’a jamais entendu tellement elle ronflait.





















Superbes de belles photos..on remarque la quantité et la variété dans les plats et les verres!
L’hydrange grimpant est semblable au notre sur la maison.
Photos agrémentent très bien le texte.
Continuez à ajouter..c’est agréable pour nous et ça permet de faire un peu le voyage.
Bonne continuité
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J’ai lu le texte sans les photos et ensuite relu avec photos.
C’est amusant l’histoire de l’invasion des hommes en territoire des chevreuils et des chèvres.
Intéressant de voir comment les bien nantis règlent tout en construisant des murs (clôtures). Dans certains pays ils veulent même le faire par les envahisseurs potentiels.
Je vois que vous n’allez pas trop souvent au KFC . À vous voir autour de la table avec vos amis, on voit le plaisir des grandes retrouvailles. Y rien comme la table pour rassembler son monde.
Merci pour partager vos beaux moments
Euclide
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Nous vous suivons depuis le début, nous sommes toujours en attente de la description de vos péripeties. Les photos en disent long sur ce que vous vivez….à une prochaine, bon voyge
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