Portage la prairie, mn. – wOLseley, sk (17 juillet 2019)
Y’a des fois, on se stationne en plein milieu de nohouére, dans un truck stop comme ça, sans branchement électrique ou autre, c’est ce qu’on appelle le boondocking. Le Mott est merveilleusement autonome. Notre journée au Musée de l’artillerie royale canadienne nous a donné le goût d’en profiter une fois de plus.

Le musée de l’artillerie est campé sur la base militaire de Shilo. Il s’agit en fait du musée du genre le plus important au Canada, avec ses 65 000 artéfacts, une imposante collection de véhicules et pièces d’artillerie, allant du simple canon à poudre au sophistiqué lance-missile anti-aérien. Visiter un tel musée, empreint de solennité, ne laisse vraiment pas indifférent. C’est comme si l’âme de dizaines de milliers de jeunes soldats morts au front nous imploraient pour que l’humanité tout entière se lie contre le fléau guerrier, remémorant un après l’autre les conflits auxquels les artilleurs canadiens ont pris part depuis la fondation de la milice canadienne en 1855.



Canon en laiton datant de 1812 et ayant une portée d’environ 1300 mètres 



Canon coulé en 1796 utilisé lors de la Guerre anglo-américaine de 1812 
Monogramme du roi George III inscrit sur le canon



Quand les hommes vivront d’amour, ce sera la paix sur la terre… (Raymond Levesque)
Une fois cette visite terminée, nous avons tranquillement repris la route, silencieux pendant une bonne partie du trajet comme pour digérer ce que nous venions de vivre dans ce corridor temporel. Pour deux coeurs sensibles comme les nôtres, il valait mieux refermer paisiblement ce chapitre pour ne pas sombrer dans la tristesse.
C’est comme ça qu’on a abouti à notre pause suivante. Imaginez maintenant les arômes d’un bon poulet au beurre (butter chicken) qui mijote doucement sur notre petite cuisinière, un bon vin rouge sur la table, et Poutine qui dort… Les camions autour disparaissent. Les bruits de la route d’assoupissent. Même les nuages d’orage s’estompent. Toute la fatigue de la route disparaît.

On a tenté de trouver des richesses gastronomiques locales, mais c’est pas évident. On s’est rendu compte rapidement qu’à moins de consacrer b e a u c o u p de temps à cette quête, on était mieux de puiser dans notre imagination pour nous chatouiller le palais.
Il y a donc trois façons de bien réussir un poulet au beurre oriental dans un Mott : le préparer à partir de rien en suivant une bonne recette (soupir, tentons d’éviter Ricardo), en puisant dans de bonnes épices (beaucoup de garammasala) et en prenant son temps, oubedon en achetant un pot de sauce de butter chicken tout préparé au supermarché local. La troisième méthode que je préfère consiste à faire un peu des deux, et c’est ce qui est le plus amusant dans un petit espace et une micro cuisinette.
Un peu d’oignon finement haché, quelques tranches de piment ou de n’importe quoi qui vous tombe sous la main, beaucoup de harissa! On s’est rendu compte en le cherchant qu’on avait oublié notre pot de garam masala à la maison, sniff.

Alors, on improvise. Une bonne grosse pincée de cari, deux cuillerées d’harissa en grain, une pincée de cumin, un gros bouquet de coriandre fraîche, sans oublier des hauts de cuisses de poulet. On fait revenir tout ça, on brunit le poulet et finalement, on ajoute la sauce butter chicken – qui en soi n’a pas beaucoup de saveur, mais avec les épices fraîches, miiiiouumm! (on vous détaillera la recette si ça vous tente vraiment).
Comme ça, parqué en plein milieu d’un grand stationnement de terre, entouré de camions, sur le bord d’une autoroute achalandée, dans la tranquillité de notre petit véhicule (on est vraiment pas gros dans les Prairies), on s’est fait un repas digne des meilleurs restaurants pendant que Poutine regardait dehors.

Pé a pris une bonne douche et on s’est couché pour la nuit. C’est ça l’art du boondocking!

Demain, on entre en Alberta.












Vous êtes très plaisant à suivre et à lire. Que de beaux récits racontés par des poètes.
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