Poutine a rien vu de ça

22 juin 2019

NDLR Ne vous inquiétez pas… Bien qu’invisible, Brie nous a accompagnés tout au long de notre randonnée dans le temps… occupée fidèlement qu’elle était à graver nos souvenirs dans les pixels de la photographie numérique).

On a commencé à marcher en 1770. Quand on a enfin décidé de retourner dans le motorisé, plus de 8000 pas plus tard… on était rendus en 1949. 
J’étais mort! (C’est Pé qui parle…)

Visiter le Village Acadien de Caraquet, ce n’est pas tout à fait Compostelle, mais ça demande d’aussi bonnes jambes.  D’après moi (toujours selon Pé) en tout cas. Vous comprenez bien qu’on n’avait pas amené Poutine!

La carte du Village.

Le Village Acadien est unique pour une tonne de bonnes raisons. Comme on n’y était pas allés depuis l’an passé, on a décidé de profiter de la visite de nos cousins Pierre de Lise de Québec pour leur faire essayer le VR et profiter du soleil dans la Péninsule acadienne.

Les origines du village dans la région de Caraquet remontent à 1965. Dans un élan de revitalisation économique et socioculturelle, la Chambre de commerce de Caraquet avait lancé l’idée (déjà bien populaire dans les cercles acadiens de l’époque) de créer un village historique acadien qui présenterait des maisons telles que celles de Port-Royal et de Grand-Pré au 18e siècle.

En 1972, on consacre trois cent mille dollars pour entreprendre les travaux et on embauche un conservateur dont les tâches seront entièrement consacrées à la reconstitution historique de l’architecture et de l’ameublement du village. Pas délicat comme job!

Des milliers de personnes visitent ce village tous les ans et il faut dire que c’est une aventure totalement unique, avec une quarantaine de bâtiments, huit mille pièces de collection et surtout, une centaine de gens de la place transformés en acteurs-interprètes, hôtes et conteurs de l’histoire acadienne, dans leurs habits de l’époque, avec les accents, les odeurs et les décors qui vous font passer de l’asphalte à la terre battue en moins de temps qu’il n’en faut pour traire une vache.

Parce qu’il faut dire que la vie du village se déroule comme au dix-huitième siècle, avec les cultures, la ferme et la cuisine de l’époque. 

On cultive même le lin pour confectionner des vêtements. Faut le faire.

Dans chacune de ces maisons construites bois sur bois, ça sent tellement bon la chaudrée, le chaume, le fricot, le bouilli et le feu de cheminée qu’on a envie de s’asseoir et d’écouter passer le temps.

C’est comme ça qu’on s’est fait raconter par le menuisier de la maison Cormier que les barils du tonnelier d’à côté – la Maison Thomas – n’étaient pas imperméables, ce que le forgeron de la forge Léger nous a confirmé.

Paraît qu’c’est à cause qu’on a perdu un peu des méthodes d’antan, malgré toute la bonne volonté du monde. On pouvait faire n’importe quoi avec rien dans le temps alors que maintenant, comme on dit dans le village, on ne fait plus rien avec tout ce qu’on a!

On a aussi beaucoup écouté la petite dame de la ferme Babineau qui occupe ces murs depuis plus de 20 ans, tous les étés, et qui pourrait vous raconter le craquement de toutes les planches de la maison comme si elle les avait fait chanter elle-même.

Dans une autre maison, j’ai oublié laquelle tellement on était affamés (Brie vient de me chuchoter à l’oreille que c’était à la maison Blackhall), on a même eu droit, grâce à la générosité de l’hôtesse, au reste du potage du midi et à quelques pettes de sœur.

Han?! Vous ne connaissez pas les pettes de sœur acadiens? Pas les pettes de n’importe comment. Ceux qui sont faits selon la tradition de l’époque, cuits sur la braise dans l’âtre de la cheminée au milieu de la cuisine, avec des cendres sur le couvercle de la marmite, pour bien colorer. Ça dégoutte de sucre brun importé (ça ne se donnait pas en 1820 en Acadie) et ça en met plein les narines tellement ça sent la douceur. 
Encore tout embrumés de ce délice, nous nous sommes rendus, les pieds presque reposés, jusqu’au vingtième siècle, plus précisément devant l’hôtel Château Albert 

Passage du 19e au 20e siècle

Le cousin Pierre et moi on a naturellement fait toutes les farces qu’il fallait faire sur les soirées que les murs des chambres de cette vénérable maison ont probablement connues… et ensuite, rendons à César…, on s’est concentré sur les décors de 1907, tellement bien reconstitués que ça donnait le goût d’y passer la nuit.

Sans vouloir faire de la promotion touristique – il est un peu tard pour ça, me direz-vous – on peut se payer une nuit début vingtième pour une petite centaine de dollars. Déjeuner inclus.

Bon.


On pourrait continuer encore un bout de temps comme ça, mais je vous entends : ce blogue-là ne devait-il pas raconter les aventures transcanadiennes de Pierre et Brigitte en motorisé? Oui, sauf que, faut bien se reposer de temps en temps. Et quand nos aventures nous amènent à découvrir des endroits amusants, faut bien vous raconter, non?

Surtout qu’on s’est fait un beau piquenique dans le parking du village, en tirant une table à l’ombre du VR et en puisant dans les réserves de notre frigo : petits pains fourrés au homard – des guédilles – et bière bien froide. On s’est reposé encore un peu et on est reparti pour la maison.

En tout cas, il reste deux semaines et quelques jours avant le grand départ. On va faire le changement d’huile du Mott (on a pu remonter sa généalogie… il s’appelle Mott Beauchemin) cette semaine et on fait les dernières vérifications de matériel et d’équipement. Sentez-vous qu’on a hâte? En titi.

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