À la pêche aux coques coques coques

31 mai-2 juin
Pas nécessaire d’avoir étudié la recette bien longtemps… l’idéal pour bien réussir un bon plat de coques… c’est d’aller les chercher sur la plage où elles vivent!😉😉😉

Dans notre cas, c’était facile. Comme on a déjà décidé de faire le tour du Canada et qu’on est en phase d’expérience préparatoire, on a décidé de faire le plein du motorisé (le « Mott » pour les intimes) et de filer vers le grand parc national Kouchibouguac, à une couple de centaines de kilomètres de la maison.

Notre motorisé, alias Mott Beauchemin

Comme bien d’autres désignations toponymiques du Canada, le parc et la rivière Kouchibouguac qui le traverse, tirent leur nom d’une langue autochtone, celle des Micmacs : Pijeboogwek, qui signifie « rivière aux longues marées »; les Acadiens lui donnaient le nom de Pegibouguoi ou de Kagibougouette. 


Bien des controverses ont accompagné la création de ce parc dans les années 70, controverses qui durent encore d’ailleurs : plus de 200 maisons déplacées, les résidents de huit communautés déracinées, plus de mille personnes touchées par des expropriations, la dernière du genre pour la réalisation d’un parc national, ça ne s’oublie pas facilement. 

Aujourd’hui, le parc atteint cependant des niveaux de popularité inégalés avec plus de 200 000 visiteurs annuellement.

Ce qui caractérise ce parc national, en ce qui nous concerne, ce sont ses espaces de camping, sauvages ou autrement : nous, on est loin de la tente il faut le dire, mais on aime beaucoup la nature sauvage, de sorte que nous avons choisi un terrain sans service, tout près de la plage et entouré d’arbres, avec leurs écureuils et leurs oiseaux, au grand plaisir de Poutine!

Miss Pouts

Parlons des coques, un mollusque typiquement local et un délice apprêté depuis toujours et de toutes sortes de façons par les communautés de presque partout dans les provinces maritimes. 

 
Comme nous étions sur le bord de la plage et que nous avions eu la présence d’esprit d’apporter nos pelles et nos truelles, une chaudière et un bon vin blanc, nous nous sommes lancés éventuellement – après avoir installé les hamacs et vérifié leur confort, disons-le honnêtement – à la recherche des trous d’aération qui trahissent la présence des coques dans le sable. 

 Un bon coup de pelle, et voilà! Euh, pas tout à fait cependant. Nous avons appris qu’il faut être relativement délicat avec ces petites bêtes-là, qui ont une coquille passablement plus fragile qu’on pourrait le croire. Donc, après en avoir écrasé quelques-unes, que nous avons retournées à la mer au bénéfice des autres créatures marines, nous les avons dessablées.
 La chose pourrait sembler banale et évidente pour tout le monde qui s’apprêterait à avaler une créature qui vit dans le sable, mais ce n’est pas si facile que ça. Il a fallu quatre bons rinçages à l’eau de mer pour en venir à bout. Normalement, ça devrait prendre 24 heures, mais bon, on a fait ça en deux heures.  

On s’installe dehors, sur la table de pique-nique, et on commence la préparation.
La recette? Il faut d’abord faire chauffer sa poêle avec un bon fond de beurre, d’oignons ou d’échalotes, de persil ou de ciboulette si vous en avez, et de vin blanc.  
On porte tout ça a ébullition et on respire! Quel arôme, mélangé subtilement avec l’air salé de la mer toute proche et les fragrances de la forêt de pins, de cèdres et d’épinettes qui nous entourent. Quand le fond atteint une douce ébullition, on dépose les coques dessablées, on ferme le couvercle et on attend… un bon 4 ou 5 minutes, le temps que les coquilles commencent à ouvrir et que les coques libèrent leur saveur.


Il faut ensuite brasser doucement pour que les mollusques se recouvrent du fond de cuisson et on referme le couvercle pour un autre 2 ou 3 minutes, le temps de verser le vin frais dans les coupes – de plastique, pour qu’elles fassent le voyage – et de placer les assiettes. 

Honnêtement, il n’y a pas grand’chose de meilleur. Brie et moi on s’est regardé, on a jeté un coup d’œil à Poutine qui ne s’occupait absolument pas de nous’autres, et on s’est dit que la vie était vraiment merveilleuse!
Notre prochaine destination? Le parc national de la plage Cavendish! Je vous laisse explorer le site sur Google Map et on se rejoint là-bas!

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