24-26 mai 2019
C’est quand on a entendu le colibri que ça s’est passé. On a regardé autour et on a su qu’on était au paradis. Ça fait depuis le mois de mars qu’on se prépare. Non. Depuis 7 ans! On en rêvait. On faisait des plans. On savait sur quelle tablette on allait mettre le ketchup, dans quelle armoire on allait ranger les chips et comment Poutine allait voyager. Ah, cette Poutine!!


On avait pensé traverser le Canada en auto. Une idée comme ça. Nos ancêtres devaient être bohémiens. Mais on s’est dit qu’on ne pourrait pas laisser Poutine pendant un mois toute seule à la maison. Pas pour elle. Pour nous! On se serait trop ennuyé. Alors on a conclu qu’il nous fallait un plus gros véhicule…


Avec un surplomb quelconque pour que Poutine puisse trôner pendant le voyage. De là au colibri, il n’y a plus qu’un coup d’aile.
On a fait des recherches, trouvé le véhicule, construit nos rêves. Brie a mis sa guitare dans son sac de voyage et on a jeté les hamacs dans un des coffres du Mott (on aime ça donner des petits nom à nos trucs importants). Mais on n’entreprend pas une traversée canadienne de milliers et de milliers de kilomètres dans un gros véhicule complexe sans se pratiquer un peu dans la cour. Ce qu’on a fait, bien entendu, au grand étonnement des voisins, curieux de nous voir sortir du VR en pyjamas le matin, pour rentrer à la maison avant d’aller au travail… en plein mois de mars, à 15 sous zéro. C’est nous.



En tout cas, quand on a finalement décollé pour notre premier vrai camping, on savait où trouver les chips!

On s’est trouvé un super mignon terrain de camping au parc Sugar Loaf, on a mis la nappe sur la table de pique-nique et on a accroché les hamacs, sous les arbres, les sapins, les cèdres, leurs odeurs et leurs bruissements.



On a convaincu Poutine que toutes ces feuilles mortes ne posaient pas de danger. On a tiré la corde à linge et au bout, on a accroché un abreuvoir pour les oiseaux-mouches. Eh oui. On avait pensé à ça aussi.

Brie a sorti sa guitare et je me suis étendu près d’elle. Au son des notes fines, du vent doux dans les branches, des petites pattes de Poutine qui froissaient le sol et du battement frénétique des ailes du colibri.

C’est comme cela que s’est passée notre première fois, mais il y en aura des dizaines voire des centaines d’autres, où nous continuerons de jouer aux épicuriens en cavale.
Nous vous disons à très bientôt (notre traversée pan-canadienne débutera le 11 juillet…



